400 ans avant les Ottomans, les Petchénègues mettent en péril Constantinople

Des Petchénègues massacrent les soldats de Sviatoslav de Kiev.

 

Dans la seconde moitié du XIVème siècle le sultan ottoman Mourad Ier s’empare d’une large partie des Balkans, au détriment de l’Empire byzantin. Toutefois les Ottomans ne furent pas les premiers Turcs à mettre pied dans les Balkans. Plusieurs siècles auparavant les Petchénègues pillaient déjà les territoires byzantins de cette région.

 

Qui sont les Petchénègues ?

 

Mahmoud de Kachgar mentionne les Pétchénègues dans son Recueil des langues turques. Ils sont selon lui « une nation turque vivant près du pays des Roums (c’est-à-dire les Byzantins), branche des Turcs oghouzes ». Les Oghouzes sont une confédération tribale, nomadisant à l’origine dans la région de la mer d’Aral. Ce sont les ancêtres, entre autres, des actuels Turcs, Turkmènes et Azerbaïdjanais.

Les Petchénègues sont donc eux aussi originaires d’Asie centrale. Or il semble qu’au IXème siècle d’autres tribus oghouzes les ai forcés à migrer vers l’ouest. Ils s’installent au nord de la mer Caspienne puis continuent leur route vers l’ouest. Ils se heurtent aux peuples qui habitent ces régions : Khazars, Rus’ et Hongrois.

La situation vers 1015.

 

Dans la deuxième partie du Xème siècle les guerres contre la Rus’ de Kiev les poussent à aller de plus en plus loi vers le sud et à s’enfoncer dans les territoires byzantins.

Ces derniers connaissent déjà bien les Petchénègues car nombre d’entre eux servent dans les armées impériales. Ce sont en effet des cavaliers réputés et d’excellents tireurs à l’arc.

Le territoire petchénègue vers 1030.

 

Les Petchénègues franchissent le Danube en masse durant l’hiver 1046-1047, néanmoins les troupes de Constantin Monomaque parviennent à les repousser avec l’aide d’autres groupes de Petchénègues.

Le basileus les installe néanmoins dans les territoires alors peu peuplés des Balkans et recrute des des soldats parmi eux.

Les Petchénègues se révoltent de nouveau en 1072 car ils ne reçoivent plus de subsides de la part de Byzance. Ils reprennent donc leurs habitudes de pillage et s’en vont ravager les territoires byzantins.

L’Empire est alors en grandes difficultés car il est attaqué à l’est par un autre peuple turc, les Seldjoukides. Ceux-ci infligent une sévère défaite aux Byzantins à Mantzikert en 1971 et envahissent l’Anatolie.

L’Empire doit également faire face aux Normands. Ces derniers viennent de conquérir le sud de l’Italie et s’attaquent désormais aux Balkans.

Les Petchénègues profitent de l’affaiblissement des Byzantins pour aller piller jusqu’à la banlieue de Constantinople. En 1086 ils s’emparent de la Thrace. En 1087 ils battent l’armée byzantine à Silistrie.

En 1091 ils s’allient avec Tzachas, l’émir seldjoukide de Smyrne (Izmir). Ainsi encerclé, l’Empire byzantin est en danger de mort.

Par chance pour les Byzantins, un empereur de grande valeur est monté sur le trône en 1081, Alexis Comnène. Ce dernier est un habile diplomate qui parvient à retourner les Coumans, un peuple turcophone qui vient d’arriver dans la région de la mer Noire, contre leurs anciens alliés Petchénègues.

L’Empire byzantin à l’avènement d’Alexis Comnène.

 

Le 29 avril 1091 les Byzantins et les Coumans écrasent les Petchénègues à Lebounion. Voulant éviter tout nouveau soulèvement petchénègue, les Byzantins massacrent la plupart des survivants.

Le grand byzantiniste Louis Bréhier écrivit : « on a pu dire que tout un peuple périt dans cette bataille, car dans la suite il n’est plus question des Petchenègues comme nation ».

La fille d’Alexis Comnène, Anne Comnène, connue comme historienne et auteur de la biographie de son père, l’Alexiade, écrivit également que dans cette bataille « tout un peuple, au nombre de myriades, fut anéanti en une seule journée »

Néanmoins les derniers Petchénègues, vivant dans les steppes russes et n’ayant pas participé à la bataille de Lebounion, attaquent encore une fois l’Empire byzantin trente ans plus tard, en 1122. À la suite d’une rude bataille les Byzantins sont finalement vainqueurs et les Petchenègues cessent d’exister en tant que force indépendante.

Soldats varègues, déterminants dans la victoire finale de Byzantins contre les Petchénègues.

 

Les derniers Petchenègues sont assimilés par les Hongrois et cessent d’exister en tant que peuple.

 

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